Historique

 

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Sa situation géographique, à la confluence de l'Isle et de la Crempse, a fait de Mussidan tout au long de l'histoire un lieu stratégique pour le contrôle des communications de la vallée de l'Isle ou de l'exploitation de ses ressources naturelles.

Avant Mussidan.


Au Paléolithique moyen et supérieur, il y a plusieurs dizaines de milliers d'années, les hommes parcouraient ces coteaux à la recherche de nodules de silex de bonne qualité pour la fabrication des outils et des armes de chasse, ou se postaient sur les plateaux pour attendre les migrations des troupeaux qui remontaient la vallée de l'Isle.
A partir du Néolithique, vers 3.000 av. J.-C. , les populations de la vallée de l'Isle se sédentarisèrent. La vallée et ses terrasses furent ainsi défrichées et mises en culture.

 

Les origines


Après la conquête romaine, un noyau de peuplement gallo-romain, probablement une villa, exploita les environs : les argiles pour la poterie et la vigne pour le vin. Avec les siècles, un petit bourg se constitua autour de l'exploitation agricole auquel le propriétaire de la villa aurait laissé son nom : peut-être Mutius. Associé à une particularité topographique, comme devait se présenter le promontoire calcaire de la confluence (dunum, « hauteur » en latin), ce nom aurait formé Mutidunum : « la hauteur de Mutius ».

 

La fondation de Mulcedonum


Cette petite bourgade, appelée Mulcedonum en 830, subit les pillages sévères des Normands entre 847 et le début du 10e s., puisqu'elle a du être refondée entre 940 et 960 par Aldagerius, fils d'un dignitaire franc de la dynastie carolingienne. Ses premiers seigneurs, les Aimon de Mussidan, construisirent un château et donnèrent des privilèges aux habitants du bourg fortifié qui se forma à ses pieds.

 

La châtellenie de Muyschidano


Au milieu du 12e s., les seigneurs de Mussidan, les Montaut, soutinrent le parti d'Aliénor d'Aquitaine et les Anglais dans leur long conflit contre le roi de France. Ainsi, après s'être opposés aux comtes du Périgord, vassaux du roi de France, pendant près de 300 ans, les seigneurs de Mussidan se rangèrent dans le camp français à la toute fin de la Guerre de Cent Ans, au milieu du 15e s.

 

Mouchidan entre catholiques et protestants


En 1497, les La Rochefoucault, alors seigneurs de Mussidan, établirent ses foires et marchés qui ont, depuis lors, toujours lieu le samedi.
Au début du 16e s., les Gramont, nouveaux seigneurs de Mussidan, nobles de l'entourage des rois de Navarre, firent rayonner les idées protestantes depuis Mussidan. Dès lors, la ville se retrouva au centre des Guerres de Religions dans le Périgord. Assiégée plusieurs fois, prise, reprise, pillée au cours du 16e s., la ville et son château furent ruinés. Les habitants se divisèrent entre catholiques et calvinistes. L'église Notre Dame du Roc et le château furent détruits en 1624 ; le temple protestant rasé en 1687. La révocation de l'édit de Nantes obligea les protestants du Mussidanais à émigrer ou à se convertir. La châtellenie de Mussidan passa alors aux Caumont, ducs de La Force, qui émigrèrent en 1791.

 

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La Mussidant d'Ancien Régime

 
A la veille de la Révolution française, Mussidan était un gros bourg commerçant situé sur le chemin royal de Bordeaux à Périgueux. On traversait encore l'Isle sur un bac payant. Mussidan prospérait alors grâce à ses foires, où étaient échangés les bœufs, les mulets, les productions des forges de la vallée de la Crempse, les poteries de la vallée de la Beauronne, les verreries de la Double, les produits de la forêt ou de l'agriculture.

 

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En 1820, un pont de bois est construit sur l'Isle à Mussidan, puis remplacé en 1840 par le pont de pierres actuel.
Les anciens moulins à farine et à huile installées sur l'Isle sont remplacés à la fin du 19e s. par des usines de tissage ou de broyage de terres réfractaires qui alimentaient également Mussidan en électricité dès 1895. La production de cierges, cires et bougies, de caisses, de chaussures, de matériel métallique se développe considérablement dans la deuxième moitié du 19e s. et le début du 20e s. dans le bourg et autour de la gare. Mussidan profite ainsi de l'énergie fournie par l'Isle et de sa position de carrefour sur les voies de chemin de fer Coutras-Périgueux et Marmande-Angoulême construites en 1857 et 1894.

 

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Durant la Seconde Guerre Mondiale, la région de Mussidan, située en bordure de la ligne de démarcation, mais en zone libre, voit la constitution de groupes de résistants qui harcèlent l'armée allemande. Le 11 juin 1944, à la suite du débarquement allié, l'attaque des résistants à Mussidan pour neutraliser la voie de chemin de fer Bordeaux-Périgueux provoque l'ire de l'occupant qui rafle 350 otages en ville dont 52 sont fusillés parmi lesquels le maire et son secrétaire.

 

Mussidan d'après-guerre


La ville connaît alors son âge d'or au lendemain de la guerre : productions industrielles variées, plein emploi et développement des infrastructures publiques.
Mais, l'industrialisation de Mussidan commence à se lézarder à partir des années 60 avec l'exode rural puis les crises économiques des années 1970. Les usines, en fermant les unes après les autres, entraînent le déclin du reste de l'activité économique.
Aujourd'hui, l'industrieuse Mussidan a laissé la place à une paisible petite ville de campagne blottie au bord de l'Isle et entourée des forêts de la Double et du Landais, comme aux origines.

[Texte : Ludovic Chasseigne, Musée André Voulgre, 30 mai 2009.]

Biblio
graphie
 

Lachaud

Jacques Louis Lachaud, Mussidan en Périgord, Terre d’histoire et d’épopée, Mussidan , éd. Augmentée 2001.

 
Livre en vente à la bibliothèque municipale (18,50€), 9 place de la République 24400 Mussidan, tél : 05-53-81-06-48

 
  • Corinne Marache, Les métamorphoses du rural, l’exemple de la Double en Périgord (1830-1939) , Paris, 2006.
  • Bénédicte et Jean-Jacques Fénié, Toponymie des pays occitans, Bordeaux, 2007

 


 

Patrimoine

  • Église Saint Georges (XIXe siècle). Eglise Néo Romane bâtie par l'architecte Abadie et dédiée au patron de la Paroisse, Saint Georges. L'Église a été commencée le 26 avril 1863 et consacrée le 21 octobre 1866 sous le règne de Napoléon III.
  • Église Notre Dame du Roc (17e et 18e siècle), reconstruite sur les ruines de la chapelle du château rasée pendant les guerres de religion et restaurée de 1842 à 1852, l'Église Notre-Dame du Roc sert aujourd'hui de salle de cinéma
  • Musée des Arts et Traditions Populaires du Périgord du Docteur Voulgre qui occupe une chartreuse périgourdine du 19e siècle, maison de maître barlongue, au cœur d'un parc arboré disposant de plusieurs tables de picnic , le tout légué à la ville de Mussidan en même temps que les collections du musée.
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